Hier vers 20 heures, l’Animal Rescue Team de la zone de secours de Hesbaye a été sollicitée dans le cadre de l’incendie de la tour Kennedy à Liège. L’unité est constituée de pompiers spécialisés en sauvetage d’animaux dont Michael Robert, c’est lui qui a coordonné pendant toute la nuit les disciplines de secours animalier.
Deux labradors au 24e étage
Alors qu’ils sont épuisés par une nuit d’intervention, les pompiers de Liège et de l’Animal Rescue Team entendent aboyer derrière une porte blindée au 24e étage. "Très tard dans la nuit, deux labradors aboyaient encore après de nombreuses heures d’incendie", raconte Michael Robert, "les pompiers ont réussi à ouvrir la porte blindée et à sauver les deux chiens. Il y avait également un autre petit cocker. Sa propriétaire pleurait parce qu’elle était inquiète pour son chien. Elle est restée jusque très tard dans la nuit pour être sûre qu’il était en vie. Parce qu’à ce moment-là de l’intervention, avec les fumées, on ne savait pas si les animaux étaient encore en vie ou non".
"Oiseaux exotiques, des chats, des chiens…"
En tout 24 animaux de différentes espèces ont été signalés par leurs propriétaires inquiets ce qui a facilité le travail des pompiers de l’Animal Rescue Team. "On a eu très vite un listing des animaux potentiellement à trouver et à quel étage, quel type d’animal, le nom, le sexe, son comportement, s’il était peureux ou pas, ce qui a permis aux services de secours de les trouver et de pouvoir les sauver ", explique Michael Robert. "On a sorti des oiseaux exotiques, des chats, des chiens qui s’étaient soit réfugiés sur le balcon, soit cachés dans les appartements."
Des animaux parfois très stressés par les événements et qu’il faut approcher avec prudence. "Ils ont tous des caractères différents comme nous les humains. Il y en a qui ont peur, il y en a qui sont plus gentils, plus calmes, d’autres sont plus agressifs. Et puis c’est impressionnant, il y a eu des sirènes toute la journée, des hélicoptères, des pompiers, beaucoup de bruits, des portes défoncées. Les animaux peuvent être un peu traumatisés".
Et dans ce contexte, certains trouvent des cachettes surprenantes : "On en a retrouvé cachés derrière des radiateurs - surtout les chats - derrière des téléviseurs, dans des tiroirs, donc on devait vraiment fouiller avec minutie l’appartement. Certains ont montré des signes de défense parce qu’ils avaient peur. On a du matériel spécifique, on a des cages, on a des pinces, on a des gants renforcés", raconte le pompier de l’Animal Rescue Team.
Un poste médical vétérinaire : "c’est une première"
Vers 5h30 du matin, tous les animaux ont pu être évacués et amenés vers un poste médical de vétérinaires urgentistes de la VUSC, spécialement formés aux situations de crise. "C’est une première", se félicite Michael Robert, "il y avait un poste médical humain et il y avait un poste médical vétérinaire justement pour la partie animale".
C’est là que les animaux ont passé un bilan médical complet. "Les vétérinaires ont fait des examens, donnés les premiers soins et dispatché les animaux soit vers l’hôpital, soit vers des refuges. Certains propriétaires ont pu récupérer leur compagnon tout de suite, "ils étaient très émus de retrouver leur animal de compagnie, c’est parfois tout ce qui leur reste". Trois animaux ont dû être hospitalisés mais leurs jours ne sont pas en danger.
Le sauvetage animalier complémentaire au sauvetage humain
Une fois que l’incendie est maîtrisé et les vies humaines sauvées "c’est bien de pouvoir aussi sauver d’autres vies que sont les vies animales", complète Michael Robert. "On oublie souvent les animaux. D’abord, c’est la priorité au sauvetage humain. Donc aujourd’hui le bilan est très positif. Je pense qu’il faut en Belgique prendre conscience que dans les situations de crise ou de catastrophe, comme les inondations, certaines personnes résistent à leur propre sauvetage parce qu’on ne prend pas en charge leurs animaux".
C’est sur ce constat qu’une unité spéciale comme l’Animal Rescue Team s’est constituée. "Quand on annonçait hier par la radio qu’on avait retrouvé un animal, on pouvait lire le soulagement et beaucoup d’émotion dans le regard des gens", explique Michael Robert. "C’était très émouvant, on a vu la reconnaissance dans leurs yeux, simplement voir leurs sourires, leurs larmes de retrouver leurs animaux, c’était notre merci à nous".








