
Tu as encore qq anecdotes sur la période 40- 45 ?
Oui, elles me reviennent je dirais en vrac et je les raconterai en vrac
donc il y aura un peu de tout sans ordre défini
Tiens on dirait notre blog (definimi)
Oui bien Ficelle, on s'égare là encore non ?
Oh, pardon !
Je me rappelle par exemple que j'admirais les officiers allemands, je les trouvais très beaux dans leur bel uniforme rutilant et m'arrangeais pour marcher
à leur côté quand c'était possible !
Tu ne savais pas que c'était des ennemis alors ?
Ben non, c'étaient de très beaux hommes, et pour le reste je ne
savais pas je les voyais tout les jours !
Et personne ne t'avais dit ...?
J'ai su plus tard que comme nous avions une institutrice maternelle
très montée contre l'envahisseur il valait mieux que je ne sache pas
qui était l'ennemi, de peur que je me mette à les insulter tout à coup,
donc moi j'admirais !

Il y a eu aussi le jour de la rafle, là par contre j'ai vraiment eu peur !
J'étais rue Haute avec ma maman, quand tout à coup nous sommes entourés par des soldats allemands
qui portaient une plaque d'acier sur la poitrine et qu'on
appelaient <Feldgendarmes>
Ils étaient arrivés en vélos et se sont carrément jetés sur nous, il a fallu
montrer les papiers et là j'ai été prise de panique et je me suis sauvée en courant !

Pourquoi, tu n'avais pas tes papiers ?
Non, ce n'est pas ça mais ils faisaient vraiment peur tu sais !
Tu aurais pu te faire renverser !
Il y avait très peu de voitures en ce temps là , le danger ne venait pas de là
mais j'aurais pu me faire tirer dessus !
M'enfin pourquoi ?
Parce que si je me sauvais c'est que peut-être je transportais qq chose
qu'il fallait cacher, ou j'étais peut - être juive
il ne fallait pas grand chose pour que tout bascule à l'époque tu sais !
Par contre je ne sais plus comment à fini cette histoire, je vois très bien
le début mais est-ce que les cris de ma mère m'ont fait revenir, ceux des soldats,
m'ont -ils attrapés, je ne le sais plus c'est bizarre quand même la mémoire !
Mais ils ne t'ont pas tirés dessus ?
Ben tu vois Ficelle je ne le pense pas sinon je ne serais pas là à te le
raconter non ?

Ben, c'est tant mieux !
Oui, venez manger vos croquettes à présent !